Discours de M. Dominique Bijard Assessore di Bussy Saint-Georges (17 settembre 2006)

Mesdames, Messieurs les élus
Mesdames, Mesdemoiselles,Messieurs,
Signore, signorine, signori
Scusame di non parlare bene l’italiano. Dunque é più facile per me di parlavi in francese.
C’est un plaisir pour moi de retrouver mes amis italiens. Les relations fraternelles que nous avons nouées depuis le jumelage de Bussy Saint-Georges et San Giuliano Milanese, méritent chaque année d’être entretenues. Je sais que nous nous efforçons l’un est l’autre de le faire, mais les occasions sont encore trop peu nombreuses.
Aujourd’hui,nous nous retrouvons pour célébrer une bataille incroyable qui a fait date dans l’histoire dont chaque petit écolier italien et français connaît la date. A tel point qu’elle est quasiment devenue un dicton populaire : « 1515, c’est Marignan ! » dit-on chez nous.
Je vous propose, mes chers amis, sans vous ennuyer de nous replonger, quelques instants dans ce morceau d’histoire commune à nos trois pays.
Le 13 septembre 1515, le lendemain de ses 21 ans, le roi François 1er écrase les Suisses dans la plaine du Pô, à Marignan...
François 1er, dès son avènement, veut reprendre la conquête de l'Italie entamée par ses prédécesseurs Charles VIII et Louis XII, à commencer par le duché de Milan, qu'il revendique comme étant l'héritage de son arrière-grand-mère Valentine Visconti.
À défaut d'un projet politique cohérent, le nouveau roi a le soutien de la noblesse française, jeune et fougueuse, avide de combats et de gloire, avec des chefs aussi prestigieux que le connétable de Bourbon, La Trémoille, La Palice (qui donnera naissance, bien malgré lui, aux lapalissades) et bien sûr le chevalier Bayard.
Vingt mille Suisses, alliés des Milanais, barrent aux Français l'accès de l'Italie. L'armée helvétique se place aux deux passages stratégiques situés à la sortie des Alpes (considérés par celle-ci comme seuls accessibles) :  Pignerol et Suse. La Confédération pensait de ce fait barrer la route du Milanais à François 1er.
Mais François 1er et son armée remontent la vallée de la Durance et déboulent hardiment dans la plaine du Pô en empruntant le difficile col de l'Argentière.
L'armée suisse, en apprenant la réussite de l'armée française du franchissement des Alpes, se dirige vers Milan. L'armée française, suivant de près les Suisses, prend la direction de Marignan. Une délégation suisse entame des négociations avec les Français et signe un projet de traité le 8 septembre. Mais elle est prise de vitesse par ses propres soldats.
Conduits par le cardinal de Sion, Matthaüs Schiner, les Suisses de la garnison de
Milan se précipite au devant des Français.
La rencontre a lieu à Marignan, entre Milan et Pavie. D'un côté les redoutables fantassins suisses, de l'autre la cavalerie et l'artillerie du roi François 1er.
Dans un premier temps, les Suisses tentent de s'emparer de l'artillerie française.
Voyant cela, François 1er n'hésite pas à les charger à la tête de 200 hommes. Épuisés, les combattants luttent jusqu'à la nuit tombée et s'endorment sur place.
L'arrivée inespérée des alliés vénitiens, le lendemain, transforme la bataille en un succès total.
Le soir, 14 000 Suisses gisent sans vie sur le champ de bataille.
En quelques heures, la bataille de Marignan fait un total d'au moins 16.000 morts. C'est encore plus qu'à Azincourt, un siècle plus tôt... Du jamais vu en Occident depuis la fin de l'Antiquité !
On peut voir dans la bataille de Marignan la préfiguration des hécatombes de l'ère moderne. Son déroulement est particulier pour l'époque, car se prolongeant sur deux jours, une longueur inhabituelle à l'époque.
À la fin de la bataille, le jeune roi se fait sacrer chevalier par le glorieux seigneur Pierre Terrail de Bayard. Le rituel est désuet mais il plaît à ces jeunes gens qui cultivent le souvenir romanesque de leurs aïeux des temps féodaux.
La victoire de Marignan a immédiatement un grand retentissement en Italie.
La France reconquiert ainsi le Milanais. Elle signe avec les Suisses un traité de paix perpétuelle qui est respecté jusqu'à la chute de la monarchie française entre les deux pays.
Les Suisses mettent leurs mercenaires au service du roi de France, par le traité de Genève.
Les relations entre le roi de France et le pape, sont à redéfinir. L'accord du pape est indispensable pour l'acquisition durable des conquêtes, et la perception des décimes sur le clergé. En décembre, la rencontre de Bologne débouche sur le concordat de Bologne, approuvé en août 1516 par le pape.
La bataille de Marignan, à l'aube du règne de François Ier, est devenue un symbole de la gloire du roi. La défaite des Suisses est un évènement, car ceux-ci ont acquis, par leur discipline, une réputation d'invincibilité. Elle évoque un autre grand chef de l'Antiquité, Jules César, qui fût l'un des rares à battre les Suisses. Elle s'inscrit ainsi dans le début de la Renaissance, avec pour la première fois l'utilisation décisive de l'artillerie. Les artistes italiens, dont Léonard de Vinci, vont alors s'ouvrir à la France.
La victoire française doit beaucoup, sinon tout, à l’intervention de l’allié vénitien. La reconquête du Milanais par François Ier n’empêchera pas le rêve italien de la monarchie française de se solder à plus long terme par un échec. En revanche, elle marque l’une des étapes fondatrices de la stabilité et de la paix en Europe avec le début de neutralité internationale de la SUISSE.
Voilà, mes chers amis, pour ce morceau d’histoire. Il ne me reste plus qu’à vous remercier chaleureusement pour cet accueil merveilleux que vous nous avez une fois de plus réservé.
Notre jumelage est bien vivant car nous avons une volonté commune de le nourrir.
Vive Bussy Saint-Georges, vive San Giuliano Milanese.

 

 

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