Svizzera

 

Les Suisses et le Milanais: de simples mercenaires à conquérants (1494-1513)

di Raphael Sola

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Introduction méthodologique

Le sujet qui est au centre de la présente étude, à savoir les Suisses et leur rapport avec le Milanais, nous apparaît comme étant de nature aussi bien politique, èconomique que militare. Cependant, et ceci afin de resserrer l’étude, je me concentrerai principalement sur cette dernière.
Après avoir parlé du service étranger en Suisse, et avoir analysé le mercenarie suisse en tant que tel, je vais parler du contexte historique. Etudier le rapport qui s’est établi entre la Confédération suisse, entité mal définissable à l’époque qui nous intéresse, et le Milanais, un des Etats le plus riches d’Europe, n’est pas aussi facile qu’il peut paraître de prime abord. Une chose est ceratine: c’est qu’ “entre la fière cité lombarde et les cantons, les rapports, tôt ou tard, aient été en quelques sortes contraints de se nouer”. (1) Il est impossibile de ne pas remarquer la difference gouvernementale qu’il esiste entre le duché, fruit d’une longue tradition dynastique et la Confédération, fruit d’une mise en commun d’agglomération avant le même but: chasser l’ennemi hors du territoire. Dans la péninsule Italienne, claque territoire a son duc, son comte, son marquis qui devient la proie incessante d’autres territoires plus puissants tel quel Milan, Venise, Florence, l’Etat de l’Eglise et le royaume de Naples provoquant ainsi d’importantes guerres intestines. Développer le rapport qu’il esiste entre chacun de ces Etats et la Confédération, qui de simplex fournisseurs d’hommes, est passe maîtresse du duché de Milan, fera l’objet d’une partie de mon contexte historique. La seconde partie est d’observer comment la France a agi durant ces années, en se trouvant tantôt avec ou contre les Suisses, tantôt à modifier ses alliances pour pouvoir s’emparer de l’Italie.
Un autre point qu’il ne faut pas oublier de mentionner est la manière dont les Suisses ont abordé ces guerres d’Italie. Il s’agit d’un véritable phénomène qui retient toute notre attention: la prise de conscience qui s’est emparée des mercenaires. Au dêbut, ces derniers n’endossent qu’un rôle que de “pions” déplacés au gré des bourses les plus généreuses; aprè la première bataille de Novare, en 1494, les Confédérés comprennent que, de par leur valeur, leurs services sont hautement rémunératoires. Lors de la deuxième bataille de Novare, en 1500, ils se placeront en position de force sur l’échiquier international.
Dès la bataille de l’Agnadel (1509) et celle de Rivenne (1511), l’assurance en leur puissance militare est confortée. Il est donc très intéressant d’observer de quelle manière cela s’est passé.
Dans le dernier chapitre, j’axerai mon travail sur la manière dont les mercenaires ont russi à prendre possession du Milanais ceci grâce à l’oeuvre d’un personnage important de l’histoire suisse et valaisanne en particulier, l’évêque Mathieu Schiner (2). Ce dernier impose avec brio son candidat Maximilien Sforza, en 1512 à Mantoue, lors de l’élection du nouveau duc de Milan. Celui-ci sera ainsi soutenu quand il affrontera la puissance française en 1513. C’est également à travers Mathieu Schine que les Suisses s’imposent militairement et diplomatiquement sur la scène internazionale. “Au cours de ces rivalités, ils s’engagèrent dans une voie toujours plus indépendante, pour se produire enfin au premier plan de la politique européenne comme puissance militare prépondérante” (3). On peut supposer que les années qui correspondent au point culminant du mercenariat suisse, coïncident avec celles du règne du duc de milan, de 1513 à 1515. Avant cela, toute une phase de préparation, de prise de conscience et de motivation a été nécessaire.
C’est dans cette optique que je vais développer mon hypothèse de recherche au travers d’une interrogation précise: quel changement s’est-il opéré dans l’esprit des mercenaires depuis leur première descente dans la péninsule, en 1494, jusqu’à leur coup de force en 1513? La défaite de 1515 à Marignan qui suivit la victoire de 1513 a été, pour les Confèdéres, l’occasion de mettre un point final à leur début de politique expansionniste. La conquête du Milanais s’achève sur un pacte signé avec la France en 1516 (4). Cette paix servira à délimiter “grosso modo” les limites géographiques de la Suisse actuelle avec l’acquisition, lors de ce traité, d’une partie du futur canton du Tessin. De plus, les Suisses acceptent le prélèvement annuel de mercenaires suisse par le roi de France. Le mercenariat perdure mais revient à sa forme primarie.
Afin de pouvoir étoffer ma problématique de recherche, j’ai divisé mom étude en deux parties principales. Dans un premier temps extirper, de “l’Archivio di Stato di Milano”, certaines sources inédites confirmant ce changement de mentalité. Ces quelques documents trouvés, j’ai pris connaissance des différentes sources imprimée des diètes helvétiques de cette période afin de vérifier si ce phénomène se ressentait à l’intérieur même de la Confédération. Dans un deuxième temps, s’appuyer sur une partie des témoignages des auteurs contemporains aux événements tels que Machiavelli, Guicciardini. Ces deux personnages sont importants dans l’histoire fiorentine comme dans celle de l’Italie.
Niccolò Machiavelli a occupé d’importantes charges au sein de la république fiorentine. Francesco Guiciardini, quant à lui, a été également un homme politique influent. Tous deux ont fait preuve d’un grand talent dans leur charge d’ambassadeur de cette république. L’oeuvre la plus connue de machiavelli est sans aucun doute “le Prince”. Je m’en suis grandement inspiré ainsi que de son “Art de la guerre”. Francesco Guicciardini, a écrit une magnifique “Histoire d’Italie” qui, aujourd’hui ancore, fait référence pour la période qui nous intéresse. Il est évident que son regard est celui d’un intellectuel vivant dans la Florence florissante des Médicis. Les opinion set les jugements de cet auteur sont donc, par définition, subjectifs contrairement aux faits historiques qui restent l’oeuvre d’un chroniqueur reconnu. Dans la bibliographie relative à mes recherches, et sutout en ce qui concerne la littérature secondaire, je me suis permis d’y mettre tous les livres qui m’ont aidé à développer la problématique, sans être forcément repris dans mom texte. Les ouvrages consultés ne proposent, et il est intéressant de le relever, que peu d’éléments en la matière. Les rares livres qui se rapprochent de mom sujet sont ceux rédigés au début du siècle passé. Certains, récemment écrits, ne traiten l’argument que de façon générale. Nombreuses sont les oeuvres se focalisant sur la France, sur les divers Etats de la péninsule Italienne, ou ancore sur la Suisse. Les livres de référence centrés sur les relations franco-italiennes ont été principalement rédigés par Léon Pélissier à travers “Louis XII et Ludovic Sforza” datant de 1896 ou par Henri Lemonnier dans son “Histoire de France” de 1903. Dans les écrits helvético-italiens, un seul semole aborder de manière spécifique ce moment-clé. “l’Histoire militare de la Suisse” publiée sur l’ordre du chef de l’état-major général, Sprecher von Bernegg en 1915. La relation franco-suisse est traitée dans les volumes de Rott Edouard intitulés “Documentation relative à l’Histoire suisse: échange diplomatique entre la France et la Suisse”. Il esiste également bon nombre d’articles développant un aspect spécifique de la relation des Suisses avec la péninsule Italienne, mais ils sont englobés dans une plus large problématique.

 

1

Roulet Louis-Edouard, "Milano er la naissance de la Suisse", in publication du Centre européen d'études Burgondo-médianes, Basel, CEEB-M, 1980, p.79.

 

 

2

Son nom peut s'écrire de différentes manières (Matthieu Schiner, Mathieu Schinner ou Matthieu Schinner). Dans mon travail, mis à part dans les citations, je garderai l'écriture commune de Mathieu Schiner

 

 

3

Dierauer Johannès, Histoire de la Suisse, Payot, Lausanne, 1912, p-472.

 

 

4

La paix perpétuelle de Fribourg en 1516 entre François 1er et la Confédération.

 
Mémoire de licence présenté
à la faculté des lettres de
l'Université de Fribourg (CH)

Les Suisses et le Milanais:
de simples mercenaires
à conquérants (1494-1513)


sous la direction du
Prof. Mario Turchetti

Chaire d'Histoire moderne,
générale et suisse.

Session juillet 2006

Année académique 2005-2006

di Raphael Sola
©
 

Introduction méthodologique

 

I

Les mercenaires helvétiques: une référence militaire entre 1315 et 1515?

 

A)

Les deux dates clés de cette référence: 1315 et 1515

 
B) La naissance du service étranger en Suisse

 

C) Le mercenaire suisse
 
1
2
3
Les armes
Le combat
Les enfants perdus

 

II

Contexe historique
 
A) L'Italie à la fin du XV siècle
 
1 Les cinq Etats dominants
Venise
L'Etat de l'Eglise
Le royaume de Naples
Florence
2 Le duchè de Milan de 1480 à 1495
B) Charles VIII et l'Italie
C) Louis XII sur le traces de son prédécesseur
D) Louis XIII à la conquete de Milan (1499-1500)

 

III

L'engagement des cantons dans le Milanais: le début des guerres d'Italie entre 1494 et 1513
 
A) La division interne
B) Le parti à prendre
C) De 1500 à 1513: une période de transition

 

IV

Milan et les Suisses en 1513
 
A) Prise de possession du duché (29 décembre 1512)
B) Mathieu Schiner: un role de premier ordre dans la conquete du duché
C) Le rapport entre Maximilien Sforza et les Suisses
D) La dernière victoire helvétique sur sol italien: Novara 1513

 

Conclusion

 

Bibliographie


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